Grooveshark : du streaming musical gratuit et légal ?

Alors que la célèbre plateforme de streaming musical gratuite et sans abonnement qui frisait avec l’illégal a été rattrapée par l’industrie et les lois sur le copyright, on peut être étonné de découvrir qu’une nouvelle version du site est toujours disponible. Ce nouveau service gratuit est-il légal ?

Pourquoi Grooveshark était illégal ?

Le principe de fonctionnement de la plateforme Grooveshark était très simple et construit sur le modèle de l’échange peer to peer. C’est-à-dire que chaque utilisateur pouvait publier la musique qu’il voulait sur le site pour qu’elle soit ensuite mise à la disposition de tous les autres utilisateurs. Voilà comment Grooveshark avait alors réussi à mettre en ligne des millions de titres en peu de temps.

Le problème d’un tel modèle de développement et de fonctionnement, c’est qu’il rend très difficile de contrôler les fichiers qui sont partagés. Résultat, l’immense majorité du contenu partagé sur la plateforme de streaming ne respectait pas les lois sur le copyright et Grooveshark ne reversait donc aucun de ses revenus en droits d’auteur aux artistes et à leurs maisons de disques.

Une situation tout à fait illégale que le site a essayé de rectifier, notamment en passant des accords avec de petites maisons de disques indépendantes qui étaient heureuses de profiter de la visibilité de la plateforme en échange d’une rétribution moins élevée que sur des CD vendus dans le commerce.

Cependant, les trois principales maisons de disques américaines, sans doute échaudée par l’insoumission de Grooveshark pendant ses premières années d’existence, ont refusé catégoriquement le moindre accord et ont multiplié les procès jusqu’à faire fermer le site. Le jour de sa fermeture, les créateurs ont admis leurs fautes et ont présenté leurs excuses aux artistes.

Les nouvelles versions de la plateforme de streaming gratuite sont-elles légales ?

Après sa fermeture, Grooveshark a été rapidement imité et cloné à travers toute la toile, tant et si bien que l’on peut facilement trouver des sites qui portent le même nom et proposent le même service grâce à son moteur de recherche préféré. Cependant, si ces clones survivent, cela veut-il dire pour autant qu’ils sont légaux ?

En réalité, ils ne le sont pas du tout et ne font aucun effort pour le devenir. Le marché du streaming musical payant et légal est déjà bien occupé par ses principaux acteurs (Spotify, Deezer, Apple, etc.) et ces clones de Grooveshark n’ont pas l’air d’avoir prévu de se lancer dans la bataille. Au contraire, ils misent tout sur leur gratuité, de laquelle découle leur illégalité.

Alors, comment se fait-il qu’ils existent toujours s’ils sont illégaux ? En réalité, c’est simplement parce que les clones d’un site dont le code source a été massivement partagé sont très faciles à fabriquer. Résultat, à peine un clone de Grooveshark a été fermé que plusieurs autres ouvrent. Seule la base de données des musiques partagées est parfois perdue, mais la participation massive des utilisateurs a tôt fait d’y pallier.

Comment Grooveshark se finance ?

À l’époque du site original Grooveshark, la plateforme de streaming, bien que gratuite, se finançait en partie grâce aux abonnements. Il était, en effet, possible de payer un abonnement pour supprimer les publicités et avoir accès à la lecture de ses playlists préférées hors connexion. Évidemment, la publicité, bien que seulement visuelle, contribuait également largement au financement du site.

C’est grâce à ces gains, liés aux abonnements et à la publicité, que Grooveshark avait pu passer des accords avec certaines petites maisons de disques. À l’instar de Spotify ou Deezer aujourd’hui, Grooveshark reversait une partie de ses revenus à la maison de disques sous forme de droits d’auteur, proportionnellement au nombre d’écoutes.

Grooveshark aurait donc pu, potentiellement, devenir totalement légal si les plus grandes maisons de disques l’avaient bien voulu. Malheureusement pour les trois étudiants à l’origine de la plateforme de streaming, leur idéal d’Internet libre et de partage sans limite n’était pas du tout compatible avec la défense des droits d’auteur et les objectifs de l’industrie musicale.

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