Est-ce que l’UEFA suivra les pas des États-Unis en matière de cannabis ?

Alors que la reprise des championnats de football se fait progressivement en Europe, d’autres questions et débats reviennent sur le devant de la scène. L’un d’entre eux n’est autre que celui de la légalisation du cannabis dans le milieu sportif. Aux États-Unis, cette pratique est de plus en plus répandue et dépasse le stade du cannabis thérapeutique. Qu’en est-il du côté de l’UEFA, l’organisme de gestion du football européen ? Retour sur les évolutions.

USA : le business sportif du cannabis

En matière de cannabis, les États-Unis et l’Europe ont des approches complètement différentes. Hormis quelques pays européens qui tolèrent la consommation de cannabis à petite dose, les États-Unis ont fait le choix de libéraliser ce marché, avec plusieurs États ayant autorisé la culture et la vente de cannabis. C’est le cas du Colorado (pionner en la matière, puisqu’il a légalisé le cannabis en 2012), du Nevada ou de la Californie.

En parallèle de cette libéralisation, le marché du cannabis s’est développé outre-Atlantique pour devenir un véritable business, y compris chez les sportifs professionnels. Certains se sont même lancés dans l’aventure du tourisme du cannabis, avec par exemple l’ancien boxeur Mike Tyson qui a créé une ferme avec hôtellerie de luxe en Californie. Ainsi, le cannabis n’est pas vu d’un mauvais œil chez les sportifs américains, car d’autres grands noms comme Megan Rapinoe ou Joe Montana vantent les mérites du cannabis.

Cependant, ce n’est pas le même son de cloche en Europe.

Les possibles évolutions de législation

En Europe, la réglementation européenne est claire : le cannabis est interdit à la culture, à la vente et à la consommation, sauf si les produits finis contiennent une teneur en THC (tétrahydrocannabidiol) faible. Certaines graines sont moins concentrées en THC et plus en composants non-psychotropes. C’est le cas par exemple de nombreuses plantes issues des États-Unis, comme la Runtz, la plus moderne des plantes féminines de cannabis.

Contrairement aux États-Unis, l’Europe pratique cette interdiction dans tous les domaines, y compris dans le domaine sportif. L’UEFA, qui gère les championnats européens sous l’égide de la FIFA, s’aligne sur les recommandations de l’Agence Mondiale Anti-dopage pour mettre en place ses règles.

De fait, on remarque qu’en seulement une dizaine d’années, certains composants issus de la plante de cannabis, comme le cannabidiol (le fameux CBD), sont désormais exclus de cette liste de produits interdits en compétition sportive. L’UEFA pourrait-elle prendre un tel tournant ?

La liste des interdictions de l’UEFA

Aujourd’hui, la situation de l’UEFA est similaire à celle de la législation européenne : les directives sont assez vagues et laissent place à l’interprétation. En effet, si le cannabis fait bien partie des substances non-autorisées dans le sport professionnel, les cannabinoïdes, ces substances issues du cannabis, sont autorisées dans une certaine mesure : à condition que le taux de THC soit réglementaire, à savoir inférieur à 0,2%.

Cependant, l’UEFA le met en avant dans sa liste mise à jour d’interdictions : si les cannabinoïdes sont autorisés à la consommation, les joueurs doivent prêter attention au taux de ou aux résidus de THC présents dans la substance, afin d’éviter un test de dépistage positif à d’autres cannabinoïdes interdits.

De fait, on remarque un assouplissement de la réglementation, mais le chemin jusqu’à la légalisation dans le milieu sportif est encore long !

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