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Bilin cueille les fruits de sa longue lutte contre le mur de séparation

10/09/2007

Source : CPI

Avec ses mille huit cents habitants, un petit village bien calme était Bilin, avant que l’occupation israélienne ne vienne perturber cette quiétude par ses bulldozers.

En travaillant au profit de l’élargissement de ce maudit mur discriminatoire de séparation, les bulldozers ont transformé la tranquillité du village en des agitations et des affrontements. Ces derniers ont continué plus de deux ans et demi, jusqu’au moment où la lutte et les sacrifices des habitants du village ont donné leurs fruits. Ils ont enfin pu arracher une décision ordonnant l’arrêt du travail et le changement de son itinéraire.

L’histoire a commencé en 2002, le jour où les autorités de l’occupation israélienne ont décidé de construire ce mur, prétextant d’empêcher les opérations de résistance palestinienne. Mais la population et tous les observateurs se sont vite rendus compte qu’il fait partie d’un projet colonial voulant enraciner sur le terrain des donnés coloniales.

Le jugement

Le tribunal suprême israélien a rendu son jugement le 4 septembre en cours. Il a ordonné l’enlèvement du mur discriminatoire de séparation de son emplacement actuel. Il reculera de quelque cinq cent mètres pour s’approcher du "quartier colonial" israélien installé sur les terrains du même village de Bilin. Cette décision rendra tout de même au village quelque cent vingt hectares de ses terres. Elle mettra ainsi en échec tous les plans coloniaux prévus pour ces terrains confisqués.

Cependant, d’autres cent vingt hectares de terrains du village restent enfermés derrière le Mur dans sa nouvelle démarcation. Ainsi, les affrontements n’ont pas l’air de prendre fin de sitôt.

Suite à deux ans et demi de lutte acharnée, après une vingtaine de séances et une procédure judiciaire bien longue, les habitants du village épaulés par des solidaires étrangers ont pu arracher cette décision leur rendant une partie de leurs droits. En effet, il reste encore deux autres dossiers. Dans l’un, les villageois veulent prouver que leur propriété est toute la terre de leur village. Dans l’autre, ils exigent le démantèlement de la colonie israélienne injustement et illégalement installée sur leur terre. Sans relâche, ils poursuivront leurs dossiers, jurent-ils.

Pour des observateurs, le village de Bilin s’est transformé en un point bien chaud de résistance contre le mur discriminatoire afin de le mettre à nu. Les activités de protestations conduites hebdomadairement, après chaque prière du vendredi, y sont pour quelque chose dans le recul de l’occupation.

Une joie, mais avortée

Tout le monde, dont le comité populaire de la résistance contre le Mur, a exprimé sa joie. Une joie avortée tout de même. Il reste le démantèlement du Mur. Il y a aussi ce quartier colonial israélien qui tourmente le village. Les manifestations populaires hebdomadaires continueront alors tous les vendredis.

Dès que la décision du tribunal s’est répandue, les villageois sont spontanément sortis fêter leur victoire. Ils ont parcouru les rues du village, drapeaux palestiniens en main.

Abdallah Abou Rahma, coordinateur dudit comité, a remercié tous ceux qui avaient mis le moindre effort pour arriver à cette fin. Les efforts continueront pour le démantèlement total du Mur, des colonies et des barrages et pour libérer les captifs palestiniens internés dans les prisons de l’occupation israélienne.

En félicitant les villageois, l’avocat du village Mikaël Sfard les a assurés de l’application de la décision du tribunal et de la continuation du "combat juridique".

En somme, la lutte du village de Bilin contre le mur discriminatoire de séparation devient un symbole qui pourra unifier tous les Palestiniens dans cette direction. Une direction qui a pu contraindre l’occupant israélien à reculer. Une direction dans laquelle tout le monde coordonne ses efforts au lieu de coopérer avec le fautif, l’injuste, l’extorqueur…