04/11/2005
Source : La Presse
Un caméraman de la chaîne Al-Jazira a été détenu brièvement vendredi par des soldats israéliens qui l’ont battu lors d’une manifestation en Cisjordanie contre le "mur" de séparation construit par Israël, a annoncé la télévision satellitaire qatariote.
"Nabil Al-Mazzawi filmait l’un des soldats israéliens frappant des manifestants lors d’une démonstration contre le mur près de Ramallah", a indiqué à l’AFP le chef de la rédaction de la chaîne, Ahmad al-Cheikh.
"Un soldat s’est dirigé vers Nabil Al-Mazzawi et l’a battu. Notre caméraman a ensuite été arrêté et son matériel confisqué. Notre bureau à Ramallah pour lequel le caméraman travaille a engagé des contacts pour tenter de le libérer", a ajouté M. Cheikh.
La direction d’Al-Jazira a indiqué dans l’après-midi que son caméraman avait été libéré, sans autre précision.
Un porte-parole de la police israélienne avait confirmé l’arrestation lors de la manifestation dans le village de Bilin, affirmant que le "caméraman avait agressé un garde-frontière", sans autre précision.
La télévision a diffusé des images de soldats encerclant une douzaine de manifestants palestiniens, israéliens et internationaux, rassemblés à Bilin pour protester contre la barrière qui s’enfonce dans ce secteur de 2,3 km en territoire palestinien, interdisant l’accès des propriétaires à leurs terres.
Vingt pacifistes s’étaient enchaînés symboliquement à la clôture.
Depuis plusieurs mois, les Palestiniens de Bilin et des pacifistes israéliens et internationaux se rassemblent chaque vendredi au pied du "mur" en signe de protestation.
Présentée par Israël comme une "clôture antiterroriste", la barrière, qui doit s’étendre fin 2005 sur plus de 650 km, est qualifiée de "mur de l’apartheid" par les Palestiniens car elle empiète sur la Cisjordanie et rend problématique la création d’un Etat palestinien viable.
La Cour internationale de justice de La Haye a jugé illégale en 2004 la construction de la barrière et exigé son démantèlement, tout comme l’a fait ensuite l’Assemblée générale de l’Onu, mais Israël n’en a pas tenu compte, acceptant seulement des rectifications du tracé, sous la pression de sa Cour suprême.