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01/09/2005
Les habitants de Bil’in luttent au quotidien contre la construction du mur de séparation et contre la confiscation de leurs terres. Tous les vendredis, des manifestations sont organisées devant le chantier du mur pour montrer leur envie de lutter continuellement. Au cours de ces manifestations, sont présents beaucoup d’internationaux, ainsi que des activistes pacifistes israéliens. Mais bien que les manifestations démarrent dans un but pacifique, l’armée occupante a toujours montré beaucoup de violence pour faire disperser les manifestants. Usant d’armes telle que les balles en caoutchouc, les grenades lacrymogènes, les grenades assourdissantes, etc. C’est pour cela que le conseil du village a mis en place des systèmes de manifestation tous plus originaux les uns des autres.
Au cours de l’une d’elle, les manifestants portaient dix personnes enveloppées dans des linceuls, chacun d’entre eux étant marqué d’un mot concept : "Liberté, indépendance, humanité, vie, terre, Etat, espoir, avenir, économie, justice" dans les trois langues (arabe, anglais et hébreu).
Arrivés à quelques mètres du lieu de la manifestation, ils ont installé un faux gibet, symbolisant "le mur", puis simulé, devant des soldats suivant prudemment la scène, la pendaison des "corps" qu’ils portaient, en signe d’"exécution" des dix concepts. Devant la potence, les manifestants ont déposé une pancarte sur laquelle on pouvait lire en anglais : "Le mur raciste de séparation n’est que l’expression de la politique israélienne de destruction."
Ce n’est pas la première fois que les habitants de Bil’in manifestent pacifiquement contre le "mur", mais cette fois les habitants ont essayé de ne pas donner à l’armée israélienne l’occasion de les attaquer et de les réprimer comme d’habitude.
Abdallah Abou Rahmé, chef du Comité populaire de résistance au mur, a expliqué que le comité tentait de créer de nouvelles formes de protestation contre le mur israélien de séparation. "Pour éviter une réaction de l’armée israélienne à l’encontre des manifestants". "Ce qui nous intéresse, c’est de dire au monde et aux Israéliens que nous sommes contre la construction du mur sur notre terre et que l’édification de cet ouvrage va nous tuer", ajoute-t-il.
Une autre fois, cinq activistes étrangers se sont introduits dans des tonneaux ouverts aux deux extrémités et se sont posés devant les bulldozers israéliens. Ces pacifistes, dont un israélien, ont tous été arrêtés à la suite, par l’armée israélienne. Peu avant, des manifestants, qui s’étaient attachés aux oliviers à l’aide de chaînes pour signifier leur attachement à leur terre, avaient été interpellés.
Le comité se réunit tous les jeudi soir à Bil’in pour discuter de la manifestation et de la forme qu’elle prendra le lendemain, après la prière hebdomadaire. Des pacifistes israéliens et étrangers participent à cette réunion et donnent avis et suggestions sur les manifestations.
Mais malgré cette envie de continuer à toujours manifester pacifiquement, la répression de l’armée d’occupation est sans relâche. Et cela va en s’amplifiant, les violences physiques, les arrestations, les incursions nocturnes dans le village sont de plus en plus fréquentes. Plus la résistance devient médiatisée, plus la répression est dure.
Le commandant de l’armée dans la région, le lieutenant colonel Tzachi Segev a été récemment cité dans Haaretz (journal israélien) pour ses propos : "Plus les actions contre la barrière seront fortes, plus nos opérations le seront. Nous nous réservons le droit d’entrer dans le village à n’importe quelle heure… Parfois, il n’y a aucun moyen d’échapper à la punition collective, même si elle a un impact négatif. La punition collective est le bouclage, l’interdiction aux gens d’entrer dans un village, en bloquant la route Bilin-Safa (en faisant référence au village voisin) comme moyen de pression si le village ne se comporte pas correctement."
Toutes les formes de punition collective sont illégales en vertu de la Quatrième Convention de Genève.