25/11/2005
Source : ISM
par Sarah
A 12h, la protestation hebdomadaire contre la barrière d’Apartheid de Bil’in démarrait. Le groupe était composé d’une centaine de personnes, composé en majorité d’hommes palestiniens locaux et accompagnés d’environ 40 Israéliens et internationaux.
Le groupe est sorti du village avec à sa tête une banderole illustrant la Palestine : d’abord avec une carte d’avant sa partition en 1948, puis une autre carte de 1967, ensuite une carte 2002-2005 montrant en tant que territoire palestinien : Gaza et une petite enclave de la Cisjordanie, et enfin un point d’interrogation pour le futur.
Au niveau de la barrière, il y avait environ 15 soldats qui attendaient, mais le groupe n’a pas poursuivi sur cette route et au lieu de cela a dévié en passant par les oliveraies pour se diriger jusqu’à la carrière de la construction où environ 15 autres soldats attendaient.
Les protestataires ont dépassé les gardes sans être gênés et plusieurs membres pouvaient mesurer la montagne de pierres dans la carrière.
Ils sont restés sur la colline pendant une vingtaine de minutes jusqu’à ce que le nombre de soldats grossisse - une quarantaine - ils ont alors demandé aux gens de quitter les rochers dangereux où les soldats et les protestataires glissaient et trébuchaient. Il n’y a pas eu de blessés sérieux.
L’extraction de la terre continuait quand même. Quand les camions sont arrivés vers le secteur occupé de la colline, les protestataires se sont assis sur la route, stoppant tout mouvement pendant plus qu’une demi-heure, ce qui a mis très en colère les chauffeurs. Les roches et la terre sont utilisées pour les fondations de la barrière.
Pendant ce sit-in, la banderole montrant la terre de la Palestine était tenue bien en évidence face à la ligne des soldats qui bloquait le chemin entre les protestataires et les engins.
Un des protestataires israéliens a saisi l’occasion de donner un cours d’histoire aux soldats pendant 15 minutes : il s’est dirigé vers la carte, a insisté sur les saisies de terre, a parlé des projets du Premier Ministre Ariel Sharon et a demandé aux soldats de participer à la manifestation.
Personne parmi les soldats n’a osé faire un commentaire ou poser des questions. Ils n’étaient pas de très bons étudiants, malgré leur apparence attentive.
Pendant ce temps, quelques internationaux chantaient : "Où sont parties les fleurs ?" ou "Où sont les oliviers? Tous arrachés… Apprendront-ils un jour ?" et "Où sont les soldats ? Ils occupent tous la Palestine… Apprendront-ils un jour ?".
Ensuite le groupe s’est dispersé quand l’armée à tiré du gaz lacrymogène en direction des jeunes avec des pierres qui s’étaient repliés parmi les oliviers. Environ 25 boîtes métalliques ont été tirées.