20/06/2005
Source : ISM
Abdullah et Rateb Abu Rahma, 2 frères qui font partie des organisateurs des actions non-violentes dans le village de Bil’in, près de Ramallah, ont été arrêtés au cours de la manifestation non-violente contre la barrière d’Annexion du vendredi 17 juin dernier.
Aujourd’hui, ils sont toujours retenus dans le camp de détention d’Ofer et aucune date pour leur audition n’a encore été fixée.
Abdullah est accusé de "Perturbation d’un officier dans son travail" et Rateb de "jet de pierres sur les soldats". Ils proclament tous les deux leur innocence. Un enregistrement vidéo réalisé par un activiste israélien corrobore totalement leurs histoires.
Cependant, la police israélienne refuse de regarder la partie de l’enregistrement vidéo qui les concerne alors qu’ils ont accepté de libérer les activistes israéliens sur la base du même enregistrement !
Rateb, âgé de 40 ans, a été actif dans "les Graines de la Paix" et était aux Etats-Unis avec l’une de leurs délégations en 2003. Il visite régulièrement les Etats-Unis dans son travail vers la paix entre les Israéliens et les Palestiniens. Récemment (le 4 juin), il a assisté à une conférence à Notre Dame à Jérusalem consacrée au dialogue entre les pacifistes israéliens et palestiniens. Il travaille actuellement en tant que conférencier en sociologie à l’Université Ouverte d’Al-Quds.
Abdullah, âgé de 34 ans, a travaillé avec le Centre d’Israel/Palestine pour la Recherche et l’Information (IPCRI), le seul centre de réflexion commun Israélo-Palestinien au monde. Il a suivi leurs formations pour le dialogue et l’éducation de la Paix et met en application ce savoir dans sa tâche avec le Comité Populaire Contre le Mur de Bil’in, qu’il effectue en plus de son travail comme professeur d’Arabe dans un lycée de Ramallah.
Le Comité Populaire Contre le Mur de Bil’in s’est basé sur le principe de la Non-Violence.
Dans l’organisation de la Résistance à la Barrière d’Annexion, le Comité a essayé (et a réussi) à inventer de nouveaux et créatifs modes de résistance non-violente et n’a rencontré que la main extrèmement lourde de l’armée israélienne.
L’armée a non seulement employé beaucoup de violence en attaquant les manifestations non violentes mais a également envahi le village la nuit, en harcelant des membres du comité et leurs familles dans ce que le commandant de l’armée dans le secteur décrit comme une "punition collective".
Rateb a été touché par une bombe assourdissante lancée directement sur lui par la police des frontières israélienne et a été arrêté alors qu’il était allongé face contre terre.
Il se trouvait sous une fausse pierre tombale, de même que beaucoup d’autres activistes locaux, israéliens et internationaux.
Les pierres tombales ont été conçues pour représenter la mort du village que provoque la construction de la barrière.
Cette action est typique des actions directes créatives que le village utilise dans chaque manifestation.
Rateb a été blessé près de l’aine et n’a pas été autorisé à recevoir un traitement médical au delà du banal contrôle habituel reçu à l’entrée en prison.
L’avocat Tamar Peleg, qui représente les deux frères, a déposé une demande devant la cour et les procureurs pour leur libération immédiate, puisque chaque preuve, chaque témoignage, prouvent leur innocence.
Il est aussi intéressant de noter que pas un seul activiste à Bil’in n’a été condamné à quoi que ce soir dans les manifestations. Ceci dans un système juridique avec un taux de condamnation de 95% !
La résistance non-violente à Bil’in est devenu rapidement un modèle suscitant l’admiration et l’émulation dans l’ensemble de la Cisjordanie.
Il est clair qu’Abdullah et son frère n’ont pas été arrêtés comme conséquence directe de leurs actes, mais en tant qu’élément d’une campagne d’intimidation coordonnée par une armée qui ne peut pas traiter la non-violence.