14/04/2005
Source : ISM
Par Patrick O’Connor
Le mercredi 13 avril, environ 15 internationaux, 6 Israéliens et 50 Palestiniens se sont rassemblés devant la mosquée de Bil’in avec des pancartes et des affiches dénonçant Caterpillar et le Mur d’annexion.
À 14 heures, les protestataires sont partis jusqu’au site de construction du Mur pour arrêter la construction du Mur d’Annexion et pour dénoncer la participation de Caterpillar dans les crimes de guerre commis en Cisjordanie occupée et à Gaza.
Dès que nous nous sommes approchés du chantier de construction, huit policiers des frontières israéliens nous ont informés que nous étions entrés dans une zone militaire fermée et que nous avions trois minutes pour partir avant qu’ils commencent à utiliser la force.
Les négociations entre les villageois et la police des frontières ont débuté avec la présentation d’une carte de la région par la police des frontières.
La police des frontières a transmis par radio la demande des villageois d’accéder jusqu’à la terre confisquée, mais on nous a répondu que nous devions repartir vers le village.
À 14h30, nous avons été repoussés, mais nous sommes parvenus à écrire : "Pas de Mur" en anglais et en arabe, en utilisant des pierres peintes aux couleurs du drapeau palestinien, sur une route menant au village.
A ce moment-là, quelques protestataires ont été physiquement repoussés vers le village, et les soldats israéliens et la police des frontières ont pris position tout autour.
A 14h45, des pierres ont commencé à être jetées contre la présence de l’armée. Les soldats ont répondu avec du gaz lacrymogène, dont la majorité des boîtes métalliques étaient tirées directement sur les protestataires. Cette pratique est une violation des règlements israéliennes d’engagement.
A 15h, deux pacifistes israéliens des Anarchistes Contre le Mur ont été arrêtés et accusés d’attaque verbale.
Vers 15h50, les soldats israéliens se sont retirés vers le site de constructions. Les jets de pierres et de gaz lacrymogène ont continué avec l’armée qui avançait et se retirait à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’ils partent à 18 h.
Juste avant minuit, on nous a annoncé que l’armée était entrée dans le village, avait détenu deux Palestiniens et avait confisqué leurs téléphones portables et leurs papiers d’identité. Un humvee et une jeep sont entrés dans le village peu de temps après.
Nous avons été informés plus tard qu’en fait, les soldats s’étaient approchés à pied d’une maison qui avait été prise pour cible une heure auparavant.
Un groupe de 20 villageois, de 10 internationaux et de 10 pacifistes israéliens ont marché vers la maison pour assurer la libération des personnes détenues.
Prenant l’armée par surprise, nous avons traversé leurs lignes et les avons forcé à libérer les Palestiniens et que leur soient rendus leurs téléphones portables et leurs papiers d’identité. L’armée s’est retirée du village vers minuit et demi.
Les deux pacifistes israéliens ont été détenus toute la nuit et ont eu une audience au tribunal ce matin (14 avril 2005) à Jérusalem où ils ont été mis en liberté sous caution.