L'abus Kafkaien contre Rateb Abu Rahma, “le Gandi palestinien”

01/07/2005

Source : ISM

Le vendredi 17 juin, les frères Abdullah et Rateb Abu Rahma ont été arrêtés lors d’une manifestation contre la construction du mur sur les terres de leur village de Bil’in.

Les frères ont été accusés d’avoir jeté des pierres sur la police mais la cassette vidéo enregistrée par les pacifistes israéliens Shai Polak et Imad Barnes montre clairement que ce n’est pas vrai.

La preuve était si claire que le juge militaire a réprimandé la police pour avoir menti sur cette affaire et a ordonné la libération des deux hommes.

La semaine dernière Abdullah a été libéré du camp-prison d’Ofer contre une caution de 5000 shekels mais la décision au sujet du cas de Rateb a été repoussée au mardi 28 juin.

Quand l’avocate Tamar Peleg, un avocat de Hamoked qui représente les deux hommes, est arrivée au tribunal militaire, on lui a dit que le dossier de Rateb était perdu et que les clercs du tribunal n’avaient aucune idée de l’endroit où il était. Après des heures de retard, le juge qui avait entendu le cas la semaine dernière était occupé et la décision qu’il a prise a été lue par un deuxième juge.

Dans sa décision, le juge critiquait la police pour son mensonge et ordonnait la libération de Rateb contre une caution de 5000 shekels. Sur ces nouvelles, la famille d’Abu Rahma a sorti des chaises dans le jardin en vue d’une fête et les gens ont commencé à venir pour les féliciter.

En même temps, l’activiste israélien Leiser Peles s’est précipité à Jérusalem pour récupérer l’argent de la caution de Rateb.

Alors les choses ont commencé à mal tourner.

Au retour de Leiser au camp-prison d’Ofer, il a été arrêté et accusé d’être à l’intérieur du secteur A (qui est interdit aux citoyens israéliens).

Après des heures d’attente à la porte de prison, la délégation du village a appris que la poursuite avait fait appel à la libération et que l’appel serait entendu le jour suivant.

Le juge qui a accepté l’appel aurait dit à la poursuite que l’affaire est tellement claire qu’il refusera certainement leur appel mais il leur a accordé un autre jour pour le déposer.

Le processus cruel de l’espoir et de la déception s’est encore répété le 29 juin. Juste quelques minutes avant que la date-limite, la poursuite a déposé son appel et l’audition a été fixée au lendemain.

Enfin, le 30 juin, le juge a ordonné la libération de Rateb contre une caution de 5000 shekels, mais il ne rendra pas sa décision finale sur l’appel de la poursuite avant le dimanche 3 juillet.

Rateb, 40 ans, marié avec des enfants, a passé 14 jours en détention pour un crime qu’il n’a pas commis.