19/07/2005
Source : ISM
Le Gandhi palestinien, Abdullah Abu Rahme, et Akram Al Khatib, deux membres du Comité Populaire Contre le Mur et les Colonies de Bil’in, ont été arrêtés le vendredi 15 juillet 2005 et sont toujours détenus à la base militaire d’Ofer.
Ils ont été arrêtés pendant une manifestation non-violente contre le Barrière d’Annexion et sont accusés d’agression sur un officier de police.
L’avocat Tamar Peleg, a déposé une demande auprès de la Cour et de l’accusation pour qu’Abdullah et Akram soient libérés immédiatement. Peleg déclare que leur arrestation est la conséquence des efforts de l’armée israélienne pour stopper les actions politiques non-violentes, légales et légitimes.
Par le passé, les membres du Comité Populaire Contre le Mur et les Colonies de Bil’in et leurs familles ont été régulièrement sujets aux menaces nocturnes, au harcèlement, aux arrestations et aux fausses accusations.
Le thème central de la manifestation de vendredi était que la Paix avait besoin de ponts et non de murs et qu’au lieu de construire le Mur d’Annexion, il devrait être construit un meilleur futur et pour cela un pont de paix et de compréhension.
Abdullah, ainsi que des activistes internationaux et israéliens, était à l’intérieur de l’installation avec seulement la tête qui en sortait. Les activistes à l’intérieur de l’installation menaient la marche qui était partie du centre du village pour se diriger vers le site de construction de la barrière.
La police des frontières et les soldats des Forces de l’Occupation les attendaient à l’intérieur du village et les ont empêché d’accéder à la route de la barrière qui usurpe plus de la moitié des terres du village pour la construction de nouvelles colonies israéliennes.
Après une période de discussion, les soldats ont attaqué les manifestants avec des matraques, des grenades assourdissantes et du gaz lacrymogène.
Abdullah a été forcé de sortir de l’installation, arrêté et ensuite accusé d’agression.
Akram qui se tenait à proximité s’est fait empoigner par un soldat, puis arrêté et accusé d’avoir résisté à son arrestation.
Les arrestations ont été filmées et photographiées et l’on peut voir Akram avec les mains en l’air. 14 activistes Israéliens et internationaux ont été arrêtés dans les mêmes conditions au cours de cette manifestation.
Tous sauf deux d’entre eux ont été libérés quelques heures plus tard. Les deux autres ont été relâchés à 22h le même jour. (La vidéo qui prouve les informations ci-dessus est disponible et a été remise à la police)
Le village de Bil’in est bien connu pour sa détermination et sa créativité dans se résistance au Mur.
Il y a un mois, Abdullah et son frère Rateb ont été arrêtés dans des circonstances identiques et accusés d’avoir jeté des pierres. Par chance, nous avions une vidéo qui prouvait que les accusations étaient fausses.
Après avoir visionné la vidéo de la manifestation de Bil’in qui était en conflit avec le rapport des évènements établi par un soldat de l’IDF, le juge capitaine militaire Daniel Zamir a déclaré :
"Il n’y avait aucune raison d’arrêter l’accusé; il n’y avait aucune raison pour le tir qui l’a blessé ou pour les coups qu’il a reçus de la part du soldat" en ajoutant que la réalité était "étrangement différente de la théorie apportée par le témoignage des témoins de la poursuite."
Plus tard, un des soldats qui a témoigné contre Rateb a été interrogé par la police militaire et admis avoir donné un faux témoignage.