14/11/2005
Source : ISM
Samedi soir, le 12 novembre, une unité militaire d’environ 50 soldats ont envahi le village de Bil’in. L’armée est entrée dans la maison de Hazem Shukat Khatib, 26 ans et l’a arrêté. Ses trois frères Wajdi, Khaled et Bâle ont déjà tous été arrêtés dans la récente vague d’incursions nocturnes à Bil’in et sont toujours en état d’arrestation. Hazem a été tabassé par les soldats pendant sa détention.
Il a été ensuite emmené au commissariat de police de Givat Zeev pour interrogoire et a été ensuite libéré.
Pendant la même incursion, Ashraf Ibrahim Abu Rahme "l’Ours", 22 ans, un activiste anti-mur de Bil’in bien connu de tous et très apprécié, a aussi été arrêté dans sa maison et est toujours en détention.
Pendant ce temps, Hamza Samara, 22 ans, est encore détenu. Lors de son procès à la base militaire d’Ofer le jeudi 10 novembre dernier, le juge avait offert de le libérer contre une caution de 10.000 NIS (environ 1800 Euros). Il avait également accordé 72 heures à la poursuite pour faire appel de cette décision, et pendant ce temps Hamza est resté en détention.
La poursuite a déposé son appel 2 heures avant la fin de la période qui lui avait été accordée, et Hamza reste donc en prison en attendant l’audience du tribunal de mardi.
Cela porte à 18 le nombre d’activistes de Bil’in détenus actuellement dans les prisons militaires israéliennes.
De plus, les militaires israéliens sont entrés et ont fouillé quatre autres maisons du village.
Le harcèlement du Chef du Conseil du village, Ahmed Issa Yasin, et de sa famille s’est poursuivi quand ils ont été à nouveau réveillés par des soldats qui ont frappé à sa porte.
Ces soldats étaient tout à fait au courant que les fils d’Ahmed Issa Yasin, Basem et Abdullah, n’étaient pas à la maison, puisqu’ils ont été arrêtés récemment (avec 14 autres villageois de Bil’in) dans des rafles similaires et qu’ils sont en prison.
Mohammed Ali Burnat et ses cinq petits enfants ont été également réveillés et obligés de supporter les soldats qui sont entrer par effraction dans leur maison et l’ont fouillé en plein milieu de la nuit.
Depuis ces dix derniers mois, Bil’in a lancé une campagne non-violente contre la barrière d’annexion soutenue par des centaines d’activistes israéliens et internationaux.
Cette campagne a été accueillie par une répression violente des soldats israéliens.
Israel a conçu le tracé actuel de la barrière pour annexer 60% des terres agricoles de Bil’in à Israel, et agrandir la colonie de Modi’in Ilit.
Des projets pour l’expansion de Modi’in Ilit doivent toutefois encore être approuvés par le gouvernement israélien.
Le 21 octobre, dans une action de résistance non violente, les villageois de Bil’in ont commencé à mettre en application la décision de la Cour Internationale de Justice demandant le démantèlement du mur illégal d’Israel, en enlevant des poteaux métalliques destinés à servir de bases au Mur qui est construit sur les terres de Bil’in.
Les militaires israéliens ont réagi par des arrestations et ont distribué un document en Arabe mettant en garde la population contre toute participation à des actions directes contre le mur.
Dans le texte, l’armée affirmait que "chaque vendredi depuis ces six derniers mois, l’IDF a autorisé la population du village à effectuer des protestations non-violentes contre la construction du mur sur leurs terres", bien qu’elle tire régulièrement sur les manifestants non-violents avec des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène.
Le texte se terminait par la menace suivante : "les actions des personnes qui violent la loi pertuberont vos vies quotidiennes".