24/06/2005
Source : Stop the Wall | Traduction : CCIPPP
Les villageois de Bili’n, près de Ramallah, résistent depuis des mois, pacifiquement, avec tenacité, soutenus par des militants israéliens et internationaux, par une série d’initiatives qu’ils organisent avec l’objectif d’attirer l’attention sur le Mur d’apartheid - un élément du projet sioniste qui vise à expulser les Palestiniens de leurs terres.
Les affrontements ont duré plusieurs heures à Bili’n le vendredi 24 juin, les forces d’occupation attaquant avec des bombes sonores, des tirs de balles en caoutchouc et de grenades lacrymogènes les Palestiniens qui s’opposaient au Mur d’apartheid. Plus tard, une section des fondations - mises en place par les forces d’occupation la semaine qui précède - pour le passage du Mur d’apartheid a été détruite par les Palestiniens qui continuent de résister à l’occupation et au Mur d’apartheid.
Plusieurs centaines de villageois de Bili’n se sont rassemblés à 13 h pour marcher vers l’est du village à l’endroit où le Mur d’apartheid est en cours de construction. Les forces d’occupation avaient fermé, avec des tas de terre, des blocs et des barbelés, la route conduisant du village aux terres confisquées. Les manifestants ont renversé les blocs qui fermaient la route et se sont avancés vers leurs champs où, jour après jour, 6 bulldozers déracinent tout pour la construction du Mur.
Alors que les Palestiniens s’approchaient de leurs champs, les forces d’occupation ont envoyé un déluge de bombes sonores et de gaz lacrymogènes contre les manifestants. Les affrontements ont alors duré plusieurs heures, les forces d’occupation frappant les manifestants qui refluaient, et criblant le village de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Les Palestiniens se sont défendus en lançant des pierres, montrant leur persévérance dans le refus du Mur d’occupation qui a pour but de voler la terre appartenant au village au profit de l’expansion des colonies.
Après que les affrontements se soient arrêtés, les forces d’occupation et les bulldozers sont venus pour achever leur travail de tous les jours. Une section des fondations placée sur l’itinéraire du Mur et supportant des dalles a alors été détruite par les Palestiniens qui continuaient de résister. Les fondations du Mur ont été abattues et mises en pièces, les Palestiniens montrant clairement qu’ils s’employaient à mettre en œuvre l’avis de la Cour Internationale de Justice en détruisant le Mur de leurs propres mains.
Quelques jours plus tôt, dans les premières heures du mercredi 22 juin, les villageois ont construit une fausse prison à l’emplacement de leurs terres confisquées afin de symboliser la situation d’enfermement qui est celle des communautés et villages à travers la Palestine. Le chantier du Mur d’apartheid a été stoppé plusieurs heures, les forces d’occupation passant la matinée à tirer des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes pour tenter de disperser les protestataires.
Les villageois de Bili’n avaient mis plusieurs jours à préparer cette prison. Se rassemblant à 6 heures du matin, ils évitèrent les forces d’occupation et les jeeps utilisées pour surveiller le chantier 24 h sur 24. Ils mirent alors en place la fausse prison à l’emplacement même des champs confisqués et en cours de destruction pour les besoins du Mur d’apartheid. Dix personnes prirent place dans la prison pour y être enfermées, afin de symboliser la situation des familles palestiniennes et de leurs communautés, face aux attaques de l’occupation qui ont comme résultat de transformer la Palestine en une série de « prisons bantoustans » misérables et dispersées.
Près de 80 villageois ont participé à cette initiative et ont pour cela été brutalement pris à partie par les forces d’occupation qui se sont précipitées dans la zone en tirant un déluge de balles de caoutchouc et de grenades lacrymogènes pour essayer de disperser les protestataires. Durant cette attaque, Riphi Al-Khateeb, un jeune homme de 20 ans, a été blessé à la jambe par une balle de caoutchouc. Le villageois Abed Al-Fatah a été arrêté sous l’accusation d’avoir bloqué les travaux des bulldozers.
Alors que les forces d’occupation poursuivaient les villageois, un bulldozer militaire a été utilisé pour détruire la fausse prison. Les villageois espèrent qu’un jour des bulldozers « seront déployés pour abattre le Mur d’apartheid et les prisons qui enferment plus de 8 000 Palestiniens ».
Cet évènement s’inscrivait dans une série d’initiatives organisées par les villageois de Bili’n avec pour objectif d’attirer l’attention sur le Mur d’apartheid - un élément du projet sioniste qui a pour but d’expulser les Palestiniens de leurs terres.
Le déracinement et le nivellement des terres de Bili’n a commencé en février 2005. Les forces d’occupation ont confisqué plus de 2 500 dunums des terres appartenant au village pour la construction du Mur et l’extension des colonies sionistes. Plus de 200 oliviers ont été déracinés et plus de 100 villageois ont été blessés suite à leur continuelle résistance.
Les terres qui seront utilisées pour l’extension des colonies de Mod’in Illit et Mattityahu viennent de terres agricoles et d’élevage dont dépend la survie des 1 600 habitants du village.