28/10/2005
Source : ISM
Vendredi, les soldats israéliens ont tiré du gaz lacrymogène et des balles en métal recouvert de caoutchouc lors d’une manifestation non-violente contre le mur de séparation dans le village de Bil’in, près de la ville cisjordanienne de Ramallah. La protestation a commencé vendredi à midi. Des dizaines d’habitants, de pacifistes et des représentants de Médecins Sans Frontières ont marché vers le chantier de construction du Mur de Séparation.
Ils portaient des fausses menottes au cours d’une manifestation qui symbolisait la captivité des habitants de Bil’in qui ont été arrêtés lors des récentes invasions militaires dans le village.
Abdullah Abu Rahme, coordinateur du Comité Populaire Contre le Mur et les Colonies, a déclaré à l’IMEMC que cette manifestation a été effectuée pour exprimer le rejet par les habitants et les pacifistes internationaux des attaques et des invasions récentes effectuées par l’armée contre le village, et en protestation contre la construction du mur de séparation.
Le Comité Populaire de Bil’in a indiqué que le but principal de la manifestation de cette semaine était de protester contre les invasions israéliennes du village. Il avait également pour but d’attirer l’attention sur les rafles qui visent à effrayer les habitants et les activistes qui agissent contre le mur.
Abu Rahme a également indiqué que les soldats ont présenté des listes qui contenaient les noms de dizaines d’habitants du village. Les soldats prétendent que ces habitants sont recherchés par les services de sécurité israéliens pour leurs actions dans les protestations contre le mur.
Les manifestants portaient des banderoles où l’on pouvait lire : "Nous sommes tous recherchés, de 1 à 2600", le chiffre de 2600 symbolisant le nombre d’habitants à Bil’in.
Les manifestants portaient également des banderoles en Arabe, en Hébreu et en Anglais, disant : "Date : 20-2-2005, Peine : arrachage d’arbres, arrestations et blessés parmi les habitants, invasions nocturnes, couvre-feu et siège ". La date fait référence à la date où Israel a commencé à détruire au bulldozer les vergers des habitants afin de construire le mur de séparation. Un pacifiste israélien a été détenu par les soldats vendredi; deux protestaires israéliens et un Palestinien ont été blessés après que l’armée ait tiré des balles en métal recouvert de caoutchouc. Des dizaines d’habitants et d’activistes ont souffert des effets de l’inhalation du gaz lacrymogène tiré par l’armée.
Abu Rahme a signalé que des soldats et des unités en civil de l’armée israélienne avaient récemment envahi le village presque quotidiennement et étaient entrés par effraction à l’intérieur de dizaines de maisons afin d’essayer d’intimider les habitants.
Des dizaines d’habitants ont été arrêtés dans le village depuis qu’ils ont commencé à organiser des manifestations pacifiques contre le mur. Mercredi dernier, les soldats israéliens ont envahi le village après minuit et ont expulsé de leurs maisons des dizaines de familles après s’être invités de force chez eux. "La protestation d’aujourd’hui était également en soutien aux détenus qui ont été arrêtés dans le village pendant les incursions militaires", a déclaré Abu Rahme.
Plus tôt vendredi, les soldats israéliens avaient empêché des journalistes et des étudiants de l’université de Bir Zeit d’entrer dans le village pour participer à la manifestation.
Les habitants ont aidé plusieurs journalistes à entrer dans le village après l’armée ait fermé toutes ses entrées; les journalistes ont été guidés à travers les vergers et les collines.
En outre, les protestataires portaient les noms des onze habidants qui ont été arrêtés la semaine dernière dans le village, et ont demandé que l’armée les libèrent.
Les soldats ont fermé les trois entrées du village et ont installé des barrages routiers tôt le matin.
Les trois entrées relient le village avec les villages de Kharbatah Bani Hareth, Saffa, et Kafer Ni’ma.