17/06/2005
Source : ISM
Vers 13h30, 300 manifestants comprenant des habitants de Bil’in, des activistes israéliens et internationaux ont commencé à marcher en direction du chantier de construction du Mur d’Annexion.
Les manifestants portaient des fausses pierres tombales où l’on pouvait lire : "R.I.P. Résidents de Bil’in, Cause de la mort : Le Mur 2005".
5 minutes après le départ de la manifestation, les manifestants sont arrivés aux dernières maisons du village où l’armée israélienne avait affiché un ordre et une carte qui déclaraient Bil’in et les trois autres villages voisins : "Zone Militaire Fermée" de vendredi 6h jusque à samedi 6h.
Un grand nombre de soldats, de policiers des frontières et des officiers en civil attendaient les manifestants derrière des barbelés avec un fourgon blanc qui transporte la nouvelle arme de l’armée israélienne, "le Hurlement".
Un certain nombre de manifestants se sont allongés sur la route sous leurs pierres tombales tandis que d’autres commençaient à enlever le barbelé.
Quand l’armée israélienne a mis en marche le "Hurlement", les manifestants sont restés allongés sur le sol.
Les militaires ont lancé parmi la foule du gaz lacrymogène et des bombes assourdissantes et ils ont commencé à arrêter certaines personnes. Un Palestinien qui se trouvait à terre a été frappé et brûlé par une bombe assourdissante.
Les soldats ont refusé de l’autoriser à recevoir des soins médicaux en dépit du fait qu’il saignait à la jambe. Il a été ensuite arrêté.
En plus des balles en métal recouvert de caoutchouc, du gaz lacrymogène et des bombes assourdissantes, les soldats israéliens ont utilisé une nouvelle arme : une cartouche en plastique dur avec un chapeau en éponge qui est tirée d’un fusil à canon de 40mm et tourne sur elle-même à grande vitesse.
L’armée est entrée dans le village et la jeunesse palestinienne a répondu en jetant des pierres. Quinze manifestants, dont un enfant âgé de 15 ans qui a été hospitalisé après qu’une boîte métallique de gaz lui ait été tirée directement dessus, ont été blessés au cours de la manifestation par les nouvelles armes et les armes "traditionnelles".
Un manifestant israélien et un Palestinien handicapé dans une chaise roulante ont été touchés par des boîtes métalliques de gaz lacrymogène et ont dû être soignés sur place.
Les règlements de l’armée israélienne interdisent de tirer directement sur les gens des boîtes métalliques de gaz lacrymogène, pourtant c’est une pratique courante dans les manifestations non-violentes.
Le porte-parole de l’armée israélienne a déclaré que trois membres du "personnel de sécurité" avaient été blessés par des pierres.
Sept manifestants ont été arrêtés, dont trois Palestiniens et quatre Israéliens. Un israélien et un Palestinien ont été libérés plus tard.
Les autres manifestants arrêtés ont été emmenés au commissariat de police de Giv’at Ze’ev et ont été accusés d’avoir jeté des pierres (bien qu’ils aient été arrêtés avant qu’une seule pierre ne soit lancée).
Une vidéo qui a été apportée par des activistes israéliens au commissariat de police montre que ni les Israéliens ni les Palestiniens qui ont été arrêtés n’ont jeté des pierres.
Cependant, les enquêteurs de la police ont seulement accepté de regarder la partie de la vidéo montrant les Israéliens arrêtés. Ils ont dit que la discussion concernant les Palestiniens arrêtés aurait lieu un autre jour.
Plus tard, les trois Israéliens qui étaient toujours en état d’arrestation ont refusé d’être libérés et ils ont été emmenés tous les cinq dans les cellules de la prison où ils passeront la nuit.
Un des Palestiniens arrêté est Abdallah Abu Rahma, un membre important du Comité Populaire contre le Mur et les Colonies.
Des membres du Comité ont souvent été détenus, arrêtés, frappés et menacés, et leurs familles ont été harcelées au milieu de la nuit par les Forces de Sécurité Israéliennes.
Le village entier a souffert de punition collective imposée par l’armée israélienne pour sa persistance dans la résistance non-violente.
Dans un article récent de Ha’aretz, le commandant de l’armée dans la région a confirmé l’utilisation de la punition collective contre les villages qui résistent au mur.