Nouvelles des personnes arrêtées à Bil'in

22/07/2005

Source : ISM

Un juge de la Cour d’Appel militaire a décidé aujourd’hui de prolonger la détention de l’organisateur non-violent de la communauté de Bil’in Abdullah Abu Rahme jusqu’à dimanche 11 h, date à laquelle sera entendu le recours de la poursuite militaire contre la mise en liberté sous caution d’Abdullah.

En début de journée, hier, un autre juge militaire avait décidé de libérer Abdullah et Akram Al Khatib sous caution.

Tous les deux ont été arrêtés pendant une protestation non-violente à Bil’in vendredi dernier. Akram a été libéré à condition de rester à 500 mètres de la barrière d’Annexion à Bil’in sauf dans les zones construites du village.

Mais l’accusation a déposé un recours en appel contre la libération d’Abdullah.

Abdullah a encore été accusé de n’importe quoi, mais l’accusation prétend qu’il a agressé un soldat pendant son arrestation et a essayé de prendre son arme.

Les déclarations des témoins, les photos et la vidéo de l’événement qui ont été présentées au juge montrent une histoire bien différente qui est une protestation pacifique attaquée violemment par les forces militaires israéliennes.

Un autre habitant de Bil’in, Tamer al Khatib, est détenu à la base militaire d’Ofer.

Tamer a été arrêté mercredi avec six autres activistes non-violents qui s’étaient enfermés dans un cylindre métallique sur le tracé de la barrière d’Annexion. Au début, les activistes ont été accusés d’avoir agressé les soldats israéliens. Mais à la vue de la vidéo de l’événement, un juge israélien a déclaré que : au contraire, les pacifistes ont été attaqués par des soldats israéliens.

Bien qu’ils aient été arrêtés au même moment et accusés des mêmes choses, les activistes israéliens et internationaux ont reçu l’offre d’être relachés immédiatement à condition de rester éloignés du tracé du mur à Bil’in pendant 15 jours. Mais Tamer a été tranféré vers le centre de détention militaire et y passera probablement 6 jours avant de voir un juge.

En protestation à ce traitement raciste trois des activistes, Alison Brim de Caroline du Nord, Nina Olsen du Danemark, et la co-fondatrice de l’ISM, Huwaida Arraf, une Américano-palestinienne du Michigan, ont refusé d’être libérées et ont passé la nuit en détention pour être à nouveau présentées devant un juge le jour suivant.

L’avocat des activistes, Yael Berda, a ajouté une déclaration aux conditions du document de libération qui explique que les femmes considèrent l’offre de libération conditionnelle comme un acte raciste et injuste alors que Tamer reste en détention.

Huwaida Arraf a informé le juge qu’elles refusent de cesser de protester contre le mur illégal d’Annexion.

Elles ont toutes été libérées sous conditions.

Le gouvernement israélien continue sa politique d’attaques, d’arrestations et de fabrications de preuves contre les activistes non-violents palestiniens, israéliens et internationaux qui protestent contre la construction du Mur d’Annexion sur la terre palestinienne.

Le mur a été déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice, l’institution juridique la plus élevée du monde.