Punition collective à Bil'in

13/06/2005

Source : ISM

par Allison & Ran

Il était minuit dimanche à Bil’in. Nous allions nous coucher quand nous avons été alertés que les soldats israéliens étaient encore entrés dans le village. Nous, ainsi que d’innombrables habitants de Bil’in étions en position d’observation sur les toits des maisons et regardions les jeeps militaires se déplacer dans le secteur de la Barrière d’Anexion, loin du village par lui-même, pendant près d’une heure avant de décider de renoncer à notre poste et d’aller dormir.

Nous nous étions à peine couchés que nous étions rappelés sur le toit : les soldats étaient entrés dans la maison de quelqu’un.

Dans une configuration qui s’était répétée presque toute la semaine dernière, les soldats israéliens, approximativement 25 en nombre, avaient choisi de harceler un nouveau membre du Comité Populaire Contre le Mur de l’Apartheid à Bil’in, l’organisation palestinienne locale.

Nous, les deux ISMers et un habitant de Bil’in, sommes partis en voiture en direction des soldats, avons garé la voiture et nous sommes sortis afin d’étudier la situation.

Immédiatement, nous avons été confrontés à un groupe de soldats qui se tenaient juste devant nous et pointaient tous leurs M16 dans notre direction.

Ils ont commencé à nous parler en Hébreu, puis en anglais. Ils nous ont ordonné de nous éloigner de la maison, de retourner à la voiture et de partir. Les soldats ont déclaré qu’ils exécutaient une opération militaire et que nous y interférions.

Après plusieurs autres questions, nous avons décidé de suivre les ordres des soldats et nous sommes revenus à l’appartement de l’ISM, où nous sommes restés à attendre les nouvelles des Palestiniens dont les maisons étaient fouillées.

L”opération militaire" en question ne comportait que le harcèlement et l’intimidation habituels. Essayez d’imaginer pendant un moment qu’une troupe des soldats entre dans votre maison à 1h du matin, les armes pointées sur les membres de votre famille, vous demande de vous identifier et fouille votre maison sans autre raison que votre participation dans l’organisation non-violente. Juste un exemple de plus de la démocratie israélienne en action.

Nous avons découvert le lendemain matin que les soldats israéliens avaient fouillé plusieurs maisons, avaient pris des cartes d’identités, et avaient harcelé verbalement les Palestiniens de Bil’in cette nuit-là. Ils sont partis plusieurs heures plus tard.

Ce qui s’est produit tôt dimanche matin à Bil’in n’est pas un incident isolé. L’armée israélienne est venue à plusieurs reprises la nuit harceler la population de Bil’in, en choisissant chaque nuit un nouveau secteur à "fouiller".

Bil’in n’est pas le seul village de Cisjordanie à être intimidé, privé de son intimité et de sa tranquillité de l’esprit.