Qui a peur de la résistance non-violente ?

22/06/2005

Source : ISM

Mardi 21 juin, Abdullah et Rateb Abu Rahma, frères et organisateurs de la résistance non-violente dans le village de Bil’in ont été présentés devant un juge militaire à la Base Militaire d’Ofer.

Tous les deux ont été arrêtés pendant une manifestation non-violente contre le Mur d’Annexion le vendredi 17 juin. Ils sont accusés de “pertubation d’un officier au cours de son travail” et de jet de pierres sur les soldats, malgré le fait qu’un enregistrement vidéo réalisé par un activiste israélien prouve qu’ils ont agi de façon totalement non-violente pendant toute l’action.

L’avocat Tamar Peleg a déposé une demande auprès de la Cour et des procureurs pour la libération immédiate des deux frères.

Le juge, qui lui non plus n’a pas encore regardé la vidéo, a décidé de libérer Abdallah sur parole et sans conditions, mais a maintenu Rateb en détention.

Rateb, âgé de 40 ans, a été actif dans "les Graines de la Paix". Il assiste régulièrement à des groupes de dialogue entre les pacifistes israéliens et palestiniens et travaille en tant que conférencier en sociologie à l’Université Ouverte d’Al-Quds.

Rateb a été touché par une bombe assourdissante lancée directement sur lui par la police des frontières israélienne et a été arrêté alors qu’il était allongé face contre terre.

Il se trouvait sous une fausse pierre tombale, de même que beaucoup d’autres activistes locaux, israéliens et internationaux. Les pierres tombales ont été conçues pour représenter la mort du village que provoque la construction de la barrière.

Abdullah, âgé de 34 ans, a travaillé avec le Centre d’Israel/Palestine pour la Recherche et l’Information (IPCRI). Il a suivi leurs formations pour le dialogue et l’éducation en faveur de la Paix et met en application ce savoir dans sa tâche avec le Comité Populaire Contre le Mur de Bil’in, qu’il effectue en plus de son travail comme professeur d’Arabe dans un lycée de Ramallah.

La résistance non-violente à Bil’in est devenu rapidement un modèle suscitant l’admiration et l’émulation dans l’ensemble de la Cisjordanie.

L’armée a non seulement employé beaucoup de violence pour attaquer les manifestations non-violentes, mais a également envahi régulièrement le village la nuit, en harcelant des membres du comité et leurs familles dans ce que le commandant de l’armée a décrit dans un interview au journal Haaretz comme une "punition collective".

La punition collective est une violation du Droit International.