07/07/2005
Source : ISM
Abdallah a attendu jusqu’à 14h avant d’être conduit dans la salle d’interrogatoire accompagné d’une internationale et d’un avocat. Elles n’étaient pas présentes pendant l’interview. Le capitaine Rizik n’a pas participé à l’interrogatoire mais l’a tapé sur l’ordinateur, tandis que l’autre l’homme (S) parlait avec Abdallah.
S : Etes-vous un homme ? Pourquoi avez-vous amené ces deux pétasses avec vous ? [en faisant reference aux femmes qui étaient avec Abdullah]
A : C’est mon avocat. Je sais que c’est un Etat qui fonctionne selon la loi.
S : Non. Il n’y a aucune loi en Israel.
A : Il y en a.
S : Le Mukhabrat [Renseignements/Services Secrets] n’ont aucune loi. Votre avocat dit que le papier que nous vous avons donné n’est pas officiel, alors pourquoi êtes-vous venus ? Ce n’est pas un problème si vous n’étiez pas venus, nous l’aurions juste tapé sur l’ordinateur et alors nous serions venus vous chercher chez vous. Quel est votre travail ?
A : Je suis enseignant.
S : A Bil’in ?
A : Non, Bir Zeit
S : Que faites-vous à Bil’in ? Vous faites quelque chose de mal. Vous n’auriez pas été convoqué par le Mukhabrat si vous n’aviez pas fait quelque chose de très mal. Où étiez-vous la semaine dernière ?
A : En prison.
S : Pourquoi étiez-vous en prison ?
A : J’ai été pris dans une manifestation pacifique.
S : Combien de temps êtes-vous restés ?
A : 5 jours.
S : Et alors, qu’est-il arrivé ?
A : Le juge a dit que j’ai été arrêté par erreur et que je devais être libéré.
S : Vous êtes tous arrêtés par erreur. Vous savez que maintenant il n’y a plus aucune manifestation à Biddu ?
A : Il y a des manifestations là-bas.
S : Savez-vous ce qui s’est passé à Biddu ?
A : Oui. Ils ont déplacé la barrière plus loin.
S : Oui, mais quel fût le prix ?
A : Cinq martyrs.
S : Non. 5 personnes ont été tuées. Les gens qui avaient organisé la manifestation à Biddu : Savez-vous ce qu’ils font aujourd’hui ? Ils sont dans leurs maisons et ils ne posent pas de problèmes. 5 personnes ont été tuées, et alors ils ont cessé de manifester.
A : Si vous prenez un ballon et que vous marchez dessus, que se passe-t’il ?
S : Il éclatera.
A : C’est ce que vous faites à Bil’in. Bil’in était appelé le village de la paix. Vous l’étranglez. Vous nous laissez sans terre. Où va habiter mon fils ? Le mur à Bil’in sera déplacé , mais cela se fera par des moyens pacifiques. Nous avons décidé que nous allions résister pacifiquement.
S : Vous jetez des pierres. Que dites-vous du soldat qui a perdu son oeil ?
A : Aux manifestations, il n’y a pas de jet de pierres, mais quand l’armée entre dans le village et commence à tirer entre les maisons, alors la population leur lance des pierres.
S : Nous savons tout ce que vous faites.
A : Je sais que vous savez tout ce que je fais et tout ce que je fais, je le fais en respectant la loi. Je n’ai pas jeté des pierres.
S : Ce que vous faites est bien pire que le jet de pierres. Vous dites aux gens de sortir et d’aller aux manifestations. Nous avons des rapports à votre sujet. Nous savons que vous causez des problèmes. Rentrez chez vous, asseyez-vous tranquillement dans votre maison, appréciez votre vie, ne causez pas de problèmes. Nous vous observons de très, très près."