27/07/2006
Source : ISM
Hier, les villageois palestiniens de Bil’in ont remporté une victoire. Par sa décision 143/06, la Haute Cour de Justice israélienne a décidé que tant que la Cour étudie la légalité de la construction de la colonie Matityahu Est, prévue sur les terres de Bil’in, l’interdiction de nouvelles constructions et de nouvelles installations doit restée effective.
Cette décision, qui renforce pleinement l’interdiction, consolide les remarquables positions des militants de Bil’in, qui ont réussi à empêcher, depuis maintenant 7 mois, la construction planifiée de colonies – prouesse unique dans la Cisjordanie occupée par Israël.
De plus, la Cour a ordonné que la démolition de colonies en construction doit avoir lieu dans certaines enclaves de Matityahu Est, de manière à ce que la terre revienne à son état de pré-colonisation et de végétation.
Ceci est important car non seulement les militants de Bil’in ont réussi à arrêter la construction de la colonie, mais surtout ils ont obligé l’Etat d’Israël à démolir les structures, en reconnaissance du fait que la terre sur laquelle la colonie est construite a été annexée illégalement.
Cette victoire est le résultat d’années de militantisme non-violent de la part des villageois de Bil’in et de leurs amis internationaux et israéliens.
La résistance à la confiscation israélienne des terres de Bil’in a commencé en 1991, lorsque l’Etat d’Israël s’est approprié 1100 dunums (275 acres) de terres appartenant aux fermiers.
A l’époque, la confiscation avait été justifiée par la référence à une ancienne loi ottomane autorisant la confiscation des terres non labourées.
Bien plus tard, il avait été révélé que pour prouver que les terres convoitées étaient "inutilisées", l’Etat s’était servi de photos prises en dehors de la saison des cultures. Plus d’une décennie après la confiscation, les colonies ont commencé à se construire, suivant un modèle typique d’expansion, à savoir que d’abord, la terre palestinienne est déclarée propriété de l’Etat, et ensuite donnée à des Israéliens.
C’est pourquoi des manifestations non-violentes ont commencé à Bil’in. Elles ont eu lieu chaque semaine depuis janvier 2005, ont gagné l’attention et le soutien internationaux et ont constitué une campagne légale prolongée contestant la légalité de la colonie.
La décision de mardi dernier, qui ne marque pas la fin de la lutte pour la justice à Bil’in ou dans d’innombrables autres endroits en Cisjordanie, est la preuve du pouvoir de ces actions directes créatives.