06/06/2008
Source : Le Monde
AFP
Un juge italien a été blessé vendredi par une grenade lacrymogène tirée par des soldats israéliens en participant à une manifestation contre la barrière érigée par Israël en Cisjordanie, selon des sources médicales et des témoins.
Le juge Giulio Toscano a été légèrement touché à la tête par la grenade lacrymogène dans le village de Bilin et il a reçu des soins sur place, selon des secouristes palestiniens.
Le groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE, communiste) du Parlement européen, dont la vice-présidente Luisa Morgantini participait à la manifestation, a confirmé par communiqué que le juge Toscano avait été blessé.
Plusieurs autres manifestants, dont le prix nobel de la paix nord-irlandaise Mairead Corrigan Maguire, ont été incommodés après avoir inhalé du gaz lacrymogène, selon les secouristes et le communiqué du GUE.
La manifestation, à laquelle ont participé des dizaines de militants palestiniens, européens et israéliens hostiles à la barrière de séparation, s’est tenue à la fin d’une conférence sur "la résistance non-violente à l’occupation israélienne" qui s’était ouverte mercredi à Bilin.
Selon le GUE, un match symbolique de football entre militants ayant participé à la conférence, joué près du "mur", a également été interrompu par des tirs de gaz lacrymogènes de l’armée israélienne.
Un porte-parole de l’armée israélienne, interrogé par l’AFP, a pour sa part affirmé que les manifestants de Bilin avaient "jeté des pierres sur les soldats, qui ont riposté en tirant des grenades de gaz lacrymogènes".
Des Palestiniens, ainsi que des pacifistes israéliens et étrangers, manifestent chaque vendredi à Bilin, devenu le symbole de la lutte des Palestiniens contre le "mur" israélien qui empiète sur leurs terres.
Quelque 200 hectares des terres de Bilin ont été confisqués au profit de la barrière et des milliers d’oliviers arrachés, selon les Palestiniens.
Présentée par Israël comme une "clôture antiterroriste", la barrière, qui doit s’étendre à terme sur plus de 650 km, est qualifiée de "mur de l’apartheid" par les Palestiniens. Elle empiète sur la Cisjordanie et rend extrêmement problématique la création d’un Etat palestinien viable.
Dans un avis rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) a jugé illégale la construction de cette barrière et exigé son démantèlement, tout comme l’a fait ensuite l’Assemblée générale de l’ONU.
Israël n’a pas tenu compte de ces demandes.