25/04/2010
Source : PNN
par Monique Poupon
Du 21 au 23 avril a eu lieu la cinquième conférence annuelle de la Résistance Populaire Palestinienne à Bil’in, village près de Ramallah, ville du Nord de la Cisjordanie. Cet évènement a donné lieu à de nombreuses discussions, dont une sur le sujet de la promotion de la culture de la résistance. Cette discussion, organisée par le Comité National de Boycott (CNB), a entraîné le débat sur le boycott d’Israël par les autres pays du monde, le seul moyen selon les intervenants de punir Israël après 62 années de répression militaire.
Jonathan Cook, écrivain et journaliste Britannique, a d’abord tenu à faire une analogie entre l’apartheid en Afrique du Sud et l’apartheid que selon lui Israël applique aux Palestiniens. Il existe 30 lois discriminantes qui marquent la différence entre Juifs et non-Juifs dans la loi Israélienne, dont les deux plus discriminantes est à propos de la citoyenneté Israélienne. En effet, il existe une loi sur la citoyenneté Israélienne des Juifs venant de partout dans le monde, et une autre pour la citoyenneté Israélienne des Palestiniens. C’est là que se pose la question de l’intégration du peuple Palestinien en Israël : "Est-ce qu’un citoyen Palestinien est autorisé à vivre dans une communauté Juive?", s’est demandé Jonathan Cook durant la conférence. Au début des années 60, les autorités Israéliennes ont échoué à effectuer une séparation claire des Juifs et des Arabes, qui ont vécu pendant quelques années ensemble dans certaines villes et quartiers d’Israël. Cet échec s’est ressenti dans l’éducation : les Juifs et Palestiniens élevés ensemble sont moins prompts à l’indifférence, à la haine ou au racisme. Mais aujourd’hui, le système de l’apartheid est plus agressif, avec de plus en plus de lois et d’ordres diffusés contre le peuple Palestinien. Un exemple concret de ce système de séparation des communautés est la façon dont sont traités les Palestiniens dans les aéroports Israéliens : fouillés en profondeur, humiliés et surveillés par des soldats tout le temps de leur prséence à l’aéroport, l’humiliation pour ces personnes est constante.
Pour Noura Erekat, la deuxième intervenante, avocate des Droits de l’Homme et professeur à l’Université de Georgetown, la Palestine n’était à la base qu’un de choix de pays parmi d’autres effectué par les Anglais pour reloger les Juifs à la fin du 19ème siècle. A ce moment de l’Histoire, les Palestiniens étaient une gêne pour les Anglais, à qui s’offraient deux possibilités : créer deux états au lieu d’un ou le nettoyage ethnique… Aujourd’hui, la question n’est pas réglée, malgré les tentatives des Israéliens d’expulser le peuple Palestinien et d’occuper le maximum de terres possibles. Selon les derniers sondages, 80% des Juifs d’Israël sont pour le maintien total de l’état d’Israël, ce qui signifie la répression totale du peuple Palestinien. Et de fait, selon Noura Erekat, la création de deux états est difficile à cause des colonies présentes partout en Cisjordanie et de la volonté du gouvernement Israélien à occuper ces lieux. Pourtant, il existe des solutions! Mais personne ne semble déterminé à prendre ses responsabilités, pas même les Etats-Unis pour condamner les violations des Droits de l’Homme efectuées par l’état Israélien depuis 62 ans d’occupation de la Palestine. Pour l’intervenante, il n’existe qu’une solution pour aider les Palestiniens à augmenter leurs possibilités de trouver une issue équitable au conflit, de réagir, cette solution étant le boycott politique et économique d’Israël. Ce qui signifie l’arrêt de l’achat des produits Israéliens, le renvoi des embassadeurs ou consuls Israéliens de l’étranger, et bien d’autres pratiques qui pourraient isoler l’état d’Israël et le faire réaliser qu’il doit collaborer réellement pour la paix. L’état d’Israël, par toutes ses dernières actions contre le peuple Palestiniens et les internationaux, se déligitimise déjà beaucoup à l’étranger, une situation qui devrait profiter au peuple occupé.
Enfin, le dernier intervenant, Hind Awwad, coordinateur du CNB, s’est concentré sur la campagne vidéo sur la résistance civile dans laquelle son organisation a été particulièrement engagée. Cette campagne de vidéos permet de montrer aux Occidentaux se qui se passe réellement en Cisjordanie occupée, c’est une campagne de déligitimisation qui passe par l’information réelle. L’autre réseau de cette résistance civile passe par le boycott d’Israël : à l’internationale, cela se traduit par des artistes annulant leur concert à Tel Aviv par exemple. Pour cet intervenant, la résistance populaire est facilitée par l’auto-déligitimisation effectuée par le gouvernement Israélien auprès de ses pairs internationaux en montrant depuis l’attaque de Gaza un nouveau visage : celui de l’oppresseur.
Le bilan de cette discussion sur la promotion de la culture de la Résistance est qu’il faut continuer les efforts commencés il y a longtemps car la communauté internationale commence à ne plus pouvoir fermer les yeux sur ce qui se passe en Palestine, et c’est là que les campagnes de boycott et de déligimisation prennent tout leur sens.